Safia Ayad, maman slasheuse à l’énergie contagieuse

Si vous n’avez pas croisé son chemin sur YouTube, dans les librairies, sur un tapis de yoga ou sur votre feed Instagram, il fallait que vous la lisiez ici. Safia Ayad n’est pas partout mais presque. Jeune maman d’un petit garçon, c’est après avoir animé un cours de yoga pour Mamababy que nous avons souhaité lui donner la parole. Comprendre mieux qui elle est, d’où elle est vient, et d’où lui vient ce souffle inépuisable d’énergie qu’elle transmet à chacune de ses prises de parole. Un feu, dont on serait toutes animées, dont elle parle ici en exclusivité.


Qui êtes-vous Safia ? Quel est votre métier ?

J’ai 29 ans, depuis 7 ans je travaille sur les réseaux sociaux et j’ai plusieurs étiquettes. Un jour j’ai entendu parler du terme « slasheur » et je crois que je suis ça ! Je suis YouTubeuse, influenceuse, créatrice de contenus, prof de yoga, je suis une formation pour devenir coach… Je crois que tout est lié, de manière générale, j’aime créer et l’entreprenariat me plaît énormément. J’ai une totale liberté dans mon métier et mes différentes étiquettes évoluent au rythme de mes envies. Les réseaux sociaux aujourd’hui représentent une richesse incroyable, c’est infini ce qu’on peut partager avec les gens.


Vous avez été connue par vos vidéos YouTube, quel était le but de ces vidéos ?

Je me suis mise à YouTube parce que j’adore la vidéo ! Je trouve que ce média crée un attachement supplémentaire immédiat grâce à l’image. On voit la personne évoluer, sa façon de bouger, sa voix, ça change tout ! Je regardais beaucoup de tutos beauté ça m’a donné envie de faire partie de cette communauté.


Votre livre “Voy” est également un “carnet de routes et d’émotions” sorti en 2018, vous aviez besoin d’écrire  ?

J’ai tout d’abord écrit des choses pour moi à chacun de mes voyages. Je le faisais parce que j’avais peur d’oublier ce que j’avais vécu, comme une sorte de journal intime. Et puis j’ai rencontré une éditrice à qui j’ai montré ça et elle m’a soumis l’idée d’en faire un livre sous la forme d’un carnet de route pratique avec des conseils. J’ai adoré faire ça.


Quelle image souhaitez-vous véhiculer auprès de votre communauté ?

Au début, les retours sur mes vidéos YouTube ont été difficiles à vivre. L’image que l’on souhaite renvoyer est donc une question qui arrive assez vite dans l’équation lorsque l’on s’expose de façon quasi permanente. J’ai répondu à cette question de façon naturelle. A vrai dire, j’ai simplement envie d’être moi-même, à savoir une maman active qui voyage mais sait rester en pantoufles à la maison, une jeune femme moderne ni trop ni trop peu et j’espère accompagner des jeunes femmes qui se cherchent et aimeraient plus assumer qui elles sont.


À quoi ressemble votre journée type ?

J’essaie d’en avoir une mais c’est très difficile ! Depuis que j’ai un enfant, c’est lui qui me donne un cadre. En ayurveda, je suis vent, qui se dit « vata » ce qui signifie que j’ai du mal à m’enraciner. Les horaires de repas, de crèche et de sommeil de mon fils m’aident pour ça. Donc je dirais que de 10 heures à 17 heures, je travaille et sinon le reste du temps je suis avec lui.


Qu’a provoqué / changé / bouleversé la naissance de votre enfant dans votre vie ?

Nous ne nous attendions pas à une claque comme celle-ci.

Nous habitons à Barcelone et à la naissance de notre enfant, nous sommes rentrés et j’ai accouché en France. Mais finalement, nous avons senti que cette vie n’était pas pour nous et sommes revenus en Espagne au bout de 7 mois.

Ensuite, le boulot a pris une place secondaire. Je me suis demandé quelle image j’avais envie de donner à mon fils et ça m’a donné envie de commencer une formation de coach.

Enfin, sur le plan personnel, ça a développé de manière insoupçonnée ma confiance en moi. Je me suis rendue compte que j’étais capable de créer et mettre un enfant au monde et d’élever cet enfant. Après ça, on peut déplacer des montagnes. La maternité est un cadeau du ciel.


Vous êtes aussi devenue professeure de yoga ? Pourquoi le Hatha ?

J’ai suivi mon yoga teacher training (NDLR : formation de 200 heures de yoga pour devenir professeur de yoga) comme on passe son bac, c’est à dire quelque chose qui va de soi.
Il y a quatre ans, en arrivant à Barcelone, j’ai traversé une période difficile remplie de doutes et le yoga ainsi que la méditation m’ont beaucoup aidée. Je me suis mise à énormément pratiquer. Je n’étais pas certaine de vouloir enseigner au départ, je l’ai fait pour moi, pour aller plus loin dans ma pratique, puis c’est apparu comme évidence. J’ai choisi le Hatha Yoga parce que c’est le yoga le plus traditionnel et c’est celui que j’ai toujours pratiqué.


Avez-vous pratiqué le yoga pendant votre grossesse ? Quels sont les bouleversements apportés par une pratique régulière du yoga dans votre vie ?

J’ai fait du sport jusqu’au cinquième mois puis exclusivement du yoga. J’en ai fait jusqu’au jour de l’accouchement, presque tous les jours. Ça m’a permis de me connecter à mon bébé. Je considère le yoga comme de la méditation active et c’est super quand on est enceinte de pouvoir rester dynamique, ça permet de se sentir bien.


Sur votre compte Instagram, vous publiez des citations de femmes, qui parlent de la “ puissance du féminin”. Qu’est ce que cela représente pour vous ?

Nous avons un feu qui brûle en chacune d’entre nous, et ce feu nous permet de tout faire : de créer la vie, de la donner, de nourrir un enfant… C’est une puissance que nous avons toutes en nous, que l’on choisisse de l’utiliser ou non. J’ai eu un déclic avec la maternité. Et je me suis dit qu’il fallait faire résonner ça dans la tête des femmes, leur faire prendre conscience de ce feu. Ça fait pousser des ailes.

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Photographie : Safia Ayad
Mots : Ophélie Meunier