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Perturbateurs endocriniens : protégez-vous !

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L’alcool ? Même pas en rêve. La cigarette ? Idem. Les pouvoirs publics martèlent depuis des décennies des messages de prévention à l’attention des femmes enceintes, et nous les avons bien intégrés. Pourtant un autre message de prévention, crucial, est moins audible : tenez les perturbateurs endocriniens à distance !  On vous explique pourquoi, et surtout comment vous protéger, avec l’aide de notre expert, le docteur Laurent Chevallier, auteur du « Guide antitoxique de la grossesse ».

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Une substance altérant le fonctionnement du système hormonal de façon durable. Problème numéro 1 : c’est le moment de l’exposition qui compte et non nécessairement la dose selon les critères classiques. Problème numéro 2 : ils sont extrêmement nombreux dans notre environnement : phtalates des plastiques, pesticides, parabens des cosmétiques, triclosan, retardateurs de flamme, etc.

Où trouve-t-on ces perturbateurs endocriniens ?

Un peu partout si l’on n’y prend pas garde, et c’est bien là le problème. Dans une partie de notre alimentation, nos cosmétiques, nos produits ménagers, jusque dans certains textiles. Or, conjugués entre eux, ces perturbateurs endocriniens peuvent interagir et démultiplier les risques. C’est le fameux et redoutable effet cocktail.

Pourquoi doit-on les fuir lorsqu’on a un projet d’enfant ?

Certaines de ces substances pourraient avoir des effets délétères lorsqu’on y est exposée pendant la grossesse : fausse couche, naissances prématurées, malformations. Elles sont aussi incriminées dans des pathologies qui se déclarent plus tard dans la vie de nos enfants : puberté précoce, mais aussi infertilité, diabète, retards de développement intellectuel… La liste est malheureusement longue.

Comment se protéger de ces substances ?

En revoyant en profondeur ses habitudes de consommation, et ce dès que l’on a un projet de grossesse. En sachant que l’exposition pendant le premier trimestre est la plus dangereuse.

Quels sont les réflexes à adopter dans notre alimentation ?

Sans surprise, on privilégiera une alimentation bio pour éviter les risques de présence de résidus de pesticides. On limitera aussi les aliments transformés. Et en matière de conserves, on préfèrera toujours celles en bocaux, plus sûres, mais aussi les surgelés bruts, non transformés.

La vigilance alimentaire concerne non seulement nos aliments mais aussi notre façon de les préparer ?

Exactement. Notamment tout ce qui concerne la cuisson. Certains revêtements de poêles et de casseroles posent problème; tout comme certains accessoires de type spatules, moules en silicone pour lesquels existe un défaut d’information. Pour se protéger, il faut notamment privilégier l’inox, le verre, la fonte, la terre non vernissée. Et pour réchauffer vos aliments au micro-ondes, bannissez les films et autres emballages plastiques même si tous ne sont pas à considérer de la même manière (certains sont plus résistants que d’autres à chaleur). Utilisez des récipients en verre, optez pour les cuissons douces dans des récipients adaptés !

Dans notre salle de bain, nous devons également revoir nos habitudes ?

Oui, car les produits cosmétiques contiennent un nombre effarant de perturbateurs endocriniens. Par exemple, 74% des vernis à ongles, 71% des fonds de teint , 51% des produits de maquillage yeux et 38% des soins visages contiendraient des perturbateurs endocriniens selon une étude récente). C’est le moment de faire le tri entre les produits indispensables (savon, dentifrice et shampoing) et les superflus (maquillage, parfum, etc.), ou pour des usages occasionnels.

Là encore, privilégiez le bio,  choisissez des savons saponifiés à froid, des shampoings naturels, remplacez votre déodorant par de la véritable Pierre d’Alun, et si vous voulez vous maquiller, je liste dans mon guide les labels à privilégier, les marques et les produits les plus recommandables.

Pour l’entretien de la maison, quels produits recommandez-vous ?

Une courte liste suffit. Le bicarbonate de soude, la terre de Sommières, le vinaigre blanc, le savon noir ou le (véritable) savon de Marseille, et des chiffons microfibres plutôt que produits anti poussière, suffisent amplement à entretenir son intérieur.

Les textiles, (vêtements et literie), ne sont pas nécessairement une source d’inquiétude pour les futures mamans. Pourtant, là encore, vous préconisez le changement ?

C’est un sujet peu abordé, mais on estime qu’1kg de produits chimiques est nécessaire pour produire 1 kg de vêtements. !  La peau est un lieu d’échange entre le corps et le milieu extérieur, notamment en cas de sudation. Je préconise les vêtements labellisés, par exemple Oeko-tex Standard 100 et 1000, ou les grands labels écologiques. Cette prudence doit aussi s’appliquer à la literie, notamment au matelas, renfermant souvent des substances indésirables, des anti-acariens, biocides, que vous respirez en dormant. Pour les vêtements comme pour le linge de lit neuf, deux lavages préalables sont nécessaires, avec une lessive bio.

Enfin, pour la chambre de bébé, quelles sont vos recommandations ?

Je recommande à la fois la vigilance et l’anticipation. Choix de la peinture, du sol, des meubles, il faut là encore prêter attention aux labels, questionner les vendeurs. Et pour le mobilier, éviter l’aggloméré neuf qui émet souvent beaucoup de COV (composés organiques volatiles). Enfin, n’attendez pas votre congé maternité pour vous en occuper : confiez la tâche de la préparation de la chambre à votre compagnon, plusieurs mois avant la naissance pour réduire la présence des COV et bien aérer la chambre.

A la lecture de votre guide antitoxique de la grossesse, qui heureusement donne de nombreuses solutions concrètes, on reste songeur : l’alerte sur tous ses dangers semble venir des médias plutôt que des pouvoirs publics ?

Effectivement, c’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé d’écrire ce guide. Ces principes de précautions, et tout simplement de prudence,  devraient être martelés autant que les autres grands messages de prévention ! Heureusement, les choses commencent à bouger depuis 2011. Avant, les pouvoirs publics, et même les agences sanitaires, étaient pour partie dans le déni. Je me suis battu avec d’autres pour faire interdire le bisphénol A dans les biberons et le sujet est devenu par la suite un véritable enjeu politique. Les mutuelles, les Agences Régionales de Santé et la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) me permettent de développer le concept d’hygiène chimique, qui devrait être enseignée de la même manière que l’hygiène par rapport aux microbes. Mais il reste énormément à faire, et  l’implication concrète insuffisante, au-delà des discours d’intention, des pouvoirs publics est bien déroutante.


Médecin nutritionniste, praticien attaché en centre hospitalo-universitaire, le docteur Laurent Chevallier est aussi chef d’une unité nutrition et médecine environnementale en clinique, et auteur de plusieurs livres, dont le livre antitoxique (éditions fayard).


Photographie : Olivia Thébaut pour Mamababy Paris.
Mots : Audrey Caulonque pour Mamababy Paris

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