Le parfum pour bébé : la fausse bonne idée ?

Qui n’a jamais été tenté d’acheter un parfum pour bébé ? On a tous en tête une idée du parfum pour bébé comme par exemple les douces effluves de fleurs d’oranger, une odeur de propre… Résultat, c’est un des cadeaux de naissance incontournable. Mais est-ce que parfumer son bébé est sans risque ? Sont-ils inoffensifs ?

Un cadeau de naissance à la mode

« Quand mon fils est né, on m’a offert plusieurs parfums pour bébé, comme le Ptisenbon de Tartine & Chocolat et celui de Jacadi. Je ne m’en sers pas souvent, mais parfois j’aime bien lui en mettre un petit pschitt sur les vêtements ou même me parfumer avec. »  

Le premier parfum pour enfant est né en 1970 sous le nom de Baby Dior, c’était une base d’Eau de Cologne, mais moins concentrée en alcool. Quelques années plus tard, Guerlain créé Le Petit Guerlain. Dans les années 1990, le parfum pour bébés se démocratise. Il en existe aujourd’hui partout et pour tous les prix : en pharmacie, parfumerie et grande distribution.  

C’est surtout un cadeau pour les mamans

« A travers ces parfums, on vend une image de douceur, souligne Annick, anthropologue, philosophe, historienne du parfum et auteur de Le parfum des origines à nos jours (éd. Odile Jacob). Ce sont toujours des odeurs douces, relaxantes. Lorsque la mère met un parfum sur son bébé, elle tisse avec lui un lien olfactif qui se veut apaisant, rassurant. »  

« Le parfum pour les tout-petits, c’est surtout pour les mamans, estime Annick Le Guérer. Le bébé n’est pas sensible à l’odeur qu’on lui met sur le corps, il est sensible à l’odeur de sa mère. Dès sa naissance, il cherche des repères olfactifs dans son univers, son éducation se fait en sentant tout ce qui est autour de lui. »  

Donc utiliser du parfum est davantage une réponse à l’injonction de « sentir bon », sentir bon pour les autres puisque le bébé s’en fiche. De là à penser qu’un bébé sent le pipi ou le caca pour certain.e.s, il n’y a qu’un pas !

« J’avais un flacon du même parfum que mon fils quand j’étais petite. Cette odeur me rappelle mon enfance. »  

Déconseillé par les médecins

Sachant que le parfum pour bébé est juste inutile, les marques rivalisent d’imagination pour rassurer « spécialement conçu pour les bébés », « sans alcool » « hypoallergénique » « composé à 90% d’ingrédients naturels », « enrichie en eau thermale » et « hydratants ».  

Or, appliquer un parfum aussi léger soit-il n’est pas anodin. C’ est sûrement un des composants les plus opaques en cosmétique… Derrière ce terme de « parfum » se cachent malheureusement de nombreuses molécules odorantes potentiellement irritantes voire allergisantes. Il est protégé par le secret de fabrication des parfumeurs, et même s’il affiche « hypoallergénique », il reste constitué de matières premières potentiellement irritantes ou allergisantes car on sait qu’au moins 100 substances de parfums sont sensibilisantes.

« Dans un parfum -pour adulte et pour enfant- on peut trouver de 30 à plus de 100 composants, détaille Farid Marmouz, allergologue à Paris. Les parfums peuvent créer des allergies de contact de type eczéma ou urticaire, que ce soit chez les enfants ou les adultes. Même les produits estampillés bio ou naturels sont à éviter. Ils sont tout aussi allergisants que les synthétiques« .  

De plus, certains composants sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens comme l’ethylhexyl methoxycinnamate, le phenoxyethanol ou le BHT -hydroxytoluène butylé.  

Stop aux huiles essentielles

Les huiles essentielles et les produits de toilettes parfumés sont aujourd’hui à l’origine de nombreux cas d’allergie et d’eczémas selon l’allergologue. Elle sont donc à éviter.

Pour limiter les risques, si vraiment vous tenez à utiliser un parfum pour bébé, les spécialistes recommandent de ne pas parfumer la peau de l’enfant, mais uniquement les accessoires : peluches, vêtements.

La peau d’un bébé est naturellement plus sensible et plus réactive.

On vous rappelle les propos de notre médecin chouchou Michel Cymes « On ne met pas d’eau de toilette ou de parfum à un bébé. La composition de ces produits est un secret industriel, on ne sait pas ce qu’il y a dedans et on ne peut pas exclure qu’ils contiennent des allergènes. »

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Photo : @mer_mer_meredith
Mots : Caroline Loup