La détox (facile) avant la grossesse

Detox avant grossesse pre-conception

Les cures détox sont à la mode pour booster la vitalité de nos organismes. Mais qu’en est-il lorsque nous cherchons à faire un enfant ? Quels sont les intérêts d’une cure détox avant la grossesse, quels réflexes adopter et quelles erreurs éviter ? Notre experte Candice Levy*, naturopathe spécialiste de la périnatalité, nous aide à y voir plus clair.

Quel est l’intérêt d’une cure détox avant la grossesse ?

Nous sommes malheureusement de plus en plus affectés par notre alimentation, les polluants environnementaux et, bien sûr, les perturbateurs endocriniens. On a désormais des éléments permettant de faire le lien entre des fausses couches et des concentrations de métaux lourds notamment.

La détoxification, passant par le soutien des fonctions hépatiques, peut contribuer à un état de santé favorable pour concevoir dans les meilleures conditions. Au delà, entamer une telle démarche peut représenter l’occasion d’une réflexion globale sur cette future maternité, sur ce que l’on souhaite transmettre à notre enfant, au delà de notre patrimoine génétique.

À quel moment faut-il entamer la démarche ?

Il faut 9 mois pour faire un enfant, idéalement il faudrait aussi 9 mois pour s’y préparer, 6 mois au minimum. C’est le temps nécessaire pour que la démarche soit pleinement efficace, même si ce délai peut sembler long pour certains parents.

Peut-on faire une cure détox de préconception seule ?

Je le déconseille, c’est une démarche qui doit faire l’objet d’un véritable accompagnement thérapeutique. De la maman… Et du papa aussi idéalement ! Deux corps sains valent mieux qu’un. En revanche, certaines bonnes habitudes peuvent être mises en place sans aide particulière.

Concrètement, que peut-on mettre en place sans se faire accompagner ?

On peut pratiquer des monodiètes et un jeun intermittent régulièrement, cela place le corps dans un principe de détoxification, et permet de renouveler le système immunitaire. On favorise ainsi un terrain plus propice à la conception, pour la femme comme pour l’homme.

On peut aussi modifier son alimentation en recherchant une alimentation hypotoxique, c’est à dire la plus végétale et la plus brute possible. On chasse de son assiette les aliments transformés, on diminue fortement sa consommation de protéines animales : 20 % au maximum, contre 80% de fruits et légumes, et bien sûr on peut remplacer ces protéines animales par des protéines végétales; et on fait le plein d’antioxydants et d’acides gras essentiels oméga 3.

On peut également soutenir les fonctions du foie avec des plantes comme le Chardon-Marie, le Romarin, le Pissenlit, mais aussi l’Afa Klamath, une algue d’eau douce intéressante dans l’absorption des métaux lourds.  

Enfin, on peut prendre soin de sa flore intestinale avec des cures de probiotiques, des cures de jus de légumes frais, des légumes lacto-fermentés, et limiter les produits laitiers et le gluten. On favorise ainsi un écosystème intestinal de bonne qualité.

Si on décide de se faire accompagner, quels sont les avantages ?

La détoxification en elle-même ne prend pas toute la place : on alterne en réalité les phases de détoxification et les phases de revitalisation avec des cures de vitamines, minéraux et antioxydants. Le naturopathe dispose d’une palette très complète de compléments alimentaires adaptés à chaque situation, et vous assure un suivi personnalisé sur la durée. Vous évitez toute carence et cette prise en charge vous permet aussi de vivre cette période en toute sérénité. #

9 mois de préparation, c’est long… comment concilier détox et contraception ?

Si l’on est sous pilule, on doit changer son mode de contraception, car nettoyer son organisme suppose aussi d’éviter les médicaments. Mais il existe aujourd’hui, au delà des contraceptifs naturels classiques, des outils technologiques très utiles comme le Lady-Comp, un petit appareil qui vous permet de connaître précisément vos périodes de fertilité.

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ?

Se lancer dans des jeunes secs ou trop prolongés, ou bien tomber dans une éviction à outrance et systématique d’éléments comme le gluten ou le lactose. Il faut trouver un équilibre : cette phase de préconception doit être une étape joyeuse où l’on prend soin de soi. Voir son alimentation comme un ennemi génère un stress finalement plus néfaste que de manger tel ou tel aliment.


* Naturopathe, phytologue-herboriste mais aussi hypnothérapeute, Candice Levy s’est spécialisée dans l’accompagnement périnatal, l’allaitement et l’accompagnement du nouveau-né. Elle est l’auteur du livre « Quels laits pour mon bébé ? » éd. Le Souffle d’Or, bientôt réédité, et coauteur de « L’assiette de la femme enceinte, recettes d’une naturopathe » éd. Hachette, et « L’assiette de bébé, recettes d’une naturopathe » éd. Hachette


Photographie : Olivia Thébaut pour Mamababy Paris
Mots : Audrey Caulonque pour Mamababy Paris