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L’équation maman-travail-couple

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Demandez à un homme si l’équilibre papa-travail-couple a un sens pour lui : il y a de fortes chances pour qu’il reste perplexe. Pourtant, pour nous, mamans, ce triptyque a du sens, et il est souvent synonyme de douleur, ou tout du moins de difficulté. Nos mères se sont battues pour ne plus avoir à choisir entre carrière et maternité. Héritières de leur combat, nous voilà aujourd’hui sommées de tout réussir : notre carrière, notre vie de couple et notre maternité, avec le sourire s’il vous plait.

Un équilibre imparfait avant l’arrivée des enfants

Dans l’équation maman-travail-couple, il y a une variable invisible et qui pourtant pèse dans la balance : le partage des tâches à la maison. Même si nous avons le sentiment que la répartition entre homme et femme progresse, les chiffres sont têtus : les femmes consacreraient encore 3h26 par jour en France aux tâches domestiques au sens large, contre 2h pour les hommes (source : Insee*). En 2018, seuls 32% des hommes déclaraient faire les courses le plus souvent (14% seulement rectifient les femmes), 29 % préparaient les repas le plus souvent (18% seulement d’après les femmes) (étude Ipsos).

Et quand l’enfant arrive, le déséquilibre s’accentue : 13% seulement des hommes déclarent s’occuper plus des enfants que leur femme (4% seulement en réalité selon les femmes). Pourtant, nous sommes plus d’un français sur deux (et notamment les hommes, 63%) à considérer que les inégalités hommes/femmes en matière de répartition des tâches ne sont plus vraiment un problème au sein du foyer. Une inégalité en quelques sortes entérinée par les femmes elles-mêmes, qui ne sont pas à une couleuvre près en matière d’égalité.

Des injonctions contradictoires

Au delà du partage des tâches, la charge mentale de la famille est souvent portée par la femme dans le couple : « C’est simple, je gère tout » explique Julie, responsable financière, 2 enfants. « Les courses, les activités des filles, la santé, les devoirs, les vacances, l’administratif. J’ai pris le lead dès qu’on s’est mis ensemble avec mon mari. A l’arrivée des enfants, on a continué sur cette lancée ».

Delphine, directrice artistique, confirme : « En tant que femme, on a un vilain penchant à vouloir tout assumer. Du coup on en prend trop et s’en aperçoit souvent trop tard ».

Une envie d’assurer sur tous les fronts qui charrie son lot de culpabilité, parfois exacerbée par l’entourage, souvent de manière insidieuse. « Les femmes sont soumises à des injonctions parfois contradictoires, y compris dans la sphère professionnelle » explique Anne Peymirat, coach parentale, qui intervient aussi en tant que coach professionnelle dans le milieu de l’entreprise. « Parfois elles entendent des remarques du type « lèves un peu le pied, prends ton temps pour revenir, reviens sur un poste moins exigeant pour ton retour », ce qui n’est pas toujours ce qu’elles veulent. Parfois au contraire, et au sein de la même entreprise, elles se heurtent à l’ignorance totale de leur maternité et de leurs nouvelles contraintes sur les déplacements, les horaires de réunion, etc. Pas toujours facile dans ce contexte pour les femmes de prendre du recul pour savoir ce qu’elles veulent réellement. »

Le couple, maillon faible du triptyque maman-travail-couple 

« Dans mon cas c’est certain » avoue Delphine. « Assurer au boulot n’est même pas une question, on le fait avant les enfants, leur arrivée ne change rien. Assurer pour les enfants n’est pas une question non plus : ils ont besoin de nous. La variable d’ajustement, c’est le couple. Je me revois juger des amies autour de moi qui mettaient leur union entre parenthèses à l’arrivée de l’enfant. Je me disais : moi, jamais ! Je comprends mieux ce que c’est aujourd’hui ». Julie confirme : « Le couple passe un peu en second plan. Après une journée de travail intense, le bain, les devoirs, le repas, on est tout simplement fatigués. »

Au delà de l’énergie absorbée par les enfants, de nouveaux enjeux se posent au couple, comme l’éducation des enfants, qui peut être source de frictions : « Sur le papier, on était d’accord sur toute la ligne » explique Delphine. « Mais dans les faits, sur plein de petites choses, je ne me suis aperçue qu’on ne mettait pas le curseur au même niveau. Des sujets sur lesquels je n’aurais jamais imaginer m’énerver : une tétine donnée ou non, le temps passé devant des dessins animés, etc. Ça met une tension supplémentaire ».

« Oublier le couple dans l’équation est pourtant un mauvais pari, à court comme à long terme », souligne Anne Peymirat. « Lorsque les enfants deviennent une fin en soi, ce n’est bon ni pour les uns ni pour les autres. Une union se construit avant l’arrivée des enfants et doit perdurer après. Cet oubli du couple est un schéma dans lequel certains s’enferment pendant des années, je vois des parents d’adolescents qui ne sont jamais sortis de cette phase. »

Les ingrédients d’un équilibre réussi

« J’ai l’impression de ne rien sacrifier, à part peut-être mon sommeil  » sourit Chloé, chef d’entreprise et mère de 3 enfants. « Mon mari et moi avons monté nos entreprises en même temps, avant les enfants, nous avons toujours été sur un pied d’égalité. C’est moi que l’école appelle en cas de maladie, c’est moi qui ai les enfants sur la carte vitale, pour autant ce n’est pas forcément moi qui m’arrête pour jouer les garde malade, on discute, c’est équilibré. »

Pour atteindre cet équilibre, il faut souvent apprendre à lâcher du lest « Lorsque c’est mon mari qui cuisine, il va plus souvent leur faire des croque-monsieur que du poisson avec des épinards frais. Au début je tiquais, aujourd’hui je valide, avec le sourire ! Son niveau d’exigence n’est pas le mien, mais avec lui j’apprends que ce n’est finalement pas grave ».

Se détacher de la perfection semble être une clé, car il n’y a pas d’équilibre maman-travail-couple possible sans que l’homme prenne toute sa place à la maison : « Je pensais être investie d’une mission suprême qui n’incombais qu’à moi en tant que mère. » confirme Delphine. « Je ne laissais pas sa place à mon mari, y trouvant une certaine satisfaction, sur le registre : c’est moi qui fais tout donc je suis une bonne mère. Mais les pères ne s’imposent rien de semblable. Ils vont au plus simple, et finalement, ça marche très bien ». Ce que confirme Julie: « Je gère tout, mais en réalité, je lui fais une totale confiance. Quand je ne suis pas là, il se débrouille aussi bien que moi ! ».

Une équation à réécrire

« Pour moi, l‘équation maman-travail-couple n’a pas de sens si on n’y rajoute pas une 4ème variable essentielle : soi-même ! » rit Gaëlle, superviseur musical, 2 enfants. « J’ai eu des périodes difficiles, je ne me sentais pas bien, j’étais fatiguée… mon homme m’a dit d’être dans le plaisir plutôt que dans la souffrance, et ça a eu son effet. J’ai repris du temps pour moi, pour me faire du bien. Je pense qu’un couple doit sans cesse se réinventer pour s’ajuster aux événements de la vie. Un changement de travail pour l’un ou pour l’autre, l’arrivée d’un enfant, finalement ce sont des étapes, des chamboulements, plus ou moins grands. L’arrivée d’un enfant, c’est un bouleversement énorme et certains couples passent à la trappe car ils se disent qu’ils ne s’y retrouvent plus, mais quand on arrive à surmonter cette « crise », le couple devient plus fort. »

Anne Peymirat confirme : « Les femmes essayent avant tout d’avancer, malgré la fatigue et le stress qu’elles subissent après une grossesse. Elles ne prennent pas toujours le temps de se poser pour réfléchir. Or il est essentiel de prendre du recul pour se poser les bonnes questions, savoir ce dont on a envie, pour ensuite gérer ses priorités et mieux avancer. »

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* Anne Peymirat est coach parentale depuis presque 15 ans. Sa société est membre de l’Observatoire de la Parentalité en Entreprise. Certifiée sur la méthode « Calmer, Easier, happier Parenting », Anne Peymirat est aussi l’auteur de 2 livres aux éditions First, dont  » Je ne crie plus, je ne répète plus, je ne râle plus… je gère. « 


Photographie : Olivia Thébaut pour Mamababy Paris
Mots : Audrey Caulonque pour Mamababy Paris

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