Éducation positive pour élever autrement

Education positive communication non violente pour elever nos enfants

Être à l’écoute de ses émotions et tenter une communication non violente pourraient bien être la clé d’une éducation plus sereine. Rappelons les grands principes de cette méthode qui prône la bienveillance, avec l’éclairage d’Isabelle Salomon*, coach parentale.

Les premières années de la vie d’un enfant sont particulièrement déterminantes dans sa construction. La pédagogie positive et la communication non violente ont pour but de l’aider à grandir dans les meilleures conditions possibles, en portant une attention toute particulière à ses émotions et aux mots que l’on emploie avec lui.

Qu’est-ce que l’éducation positive ?

Elle se base sur le principe que l’enfant est bon, et que l’on veut garder cette bonté intacte. Il s’agit de prendre soin de l’être et de son cerveau pour permettre à l’enfant de réaliser son plein potentiel, soutenir sa créativité sans lui laisser faire n’importe quoi. La communication non violente, fondée par Marshall Rosenberg, est une clé de cette pédagogie. Elle se base sur l’observation, l’expression des sentiments, des demandes et des besoins.

Quels sont les effets de cette pédagogie sur le développement de l’enfant ?

Le cerveau de l’enfant se développe mieux quand il ne subit pas de stress répété, comme lorsqu’on le laisse pleurer longtemps, qu’on lui parle mal ou qu’on le punit. Le respect de l’enfant favorise au contraire le bien-être de son cerveau, les compétences, la confiance en soi et la régulation émotionnelle.

Sur quoi se base l’autorité dans la pédagogie positive ?

Ce n’est pas avoir le pouvoir sur l’enfant, mais enregistrer les paramètres que l’enfant ne voit pas. On peut l’aider et l’accompagner dans son expérimentation du monde. Je demande aux parents d’observer avant de se mettre à crier. Si l’enfant jette quelque chose par exemple, c’est qu’il expérimente ce geste pour le maîtriser. Nous pouvons alors lui donner un ou plusieurs objets qu’il a le droit de lancer dans un endroit précis. Il ne s’agit pas d’interdire mais de donner un cadre.

Comment peut-on réagir face à un enfant qui fait une grosse colère?

Il faut déjà comprendre que l’enfant ne nous en veut pas, ce n’est pas une remise en cause de l’autorité parentale. C’est une période intense d’individualisation. Il peut commencer à faire des choix. Quand l’enfant attaque, tape, crie, on ne peut pas le raisonner. Il faut au contraire le sécuriser : un cerveau en panique a besoin d’être hydraté, câliné, qu’on lui propose les bras. Si on isole un enfant, il a l’impression de ne plus exister. Il doit apprendre qu’il a le droit de vivre des émotions douloureuses.

Que conseillez-vous à un parent qui s’énerve vite contre son enfant et culpabilise ensuite ?

Lorsque l’on a une réaction exagérée, cela parle d’un vécu pendant l’enfance ou in utero. Le travail des parents en pédagogie positive est sur deux pôles : apprendre à faire autrement, et aller dans sa propre histoire pour guérir. Sinon, on rentre dans un cercle de culpabilité au cours duquel on essaie de s’améliorer, de compenser, on se met sous pression ainsi que son enfant. Les outils de pédagogie positive et de la communication non violente visent justement à diminuer cette pression.

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* Isabelle Salomon est thérapeute spécialisée sur l’accompagnement du bébé et de sa famille, animatrice d’atelier de parentalité positive, spécialiste du Dunstan Baby Language pour décoder les pleurs de bébé, conférencière et surtout maman de 4 enfants. https://www.isabellesalomon.fr/


Photograhie : Olivia Thébaut pour Mamababy Paris
Mots : Tiphaine Lévy-Frébault pour Mamababy Paris