Comment préparer son post partum ? Le point de vue d’une guide holistique

Morgane Le Goff est un guide Holistique. Depuis 2012, elle transmet dans son école « Culture Yoga » des enseignements inspirés de son expérience de swami (moine yogi) en Argentine (Formation de professeur de Yoga Intégral, cercles de Tao féminin, delphinothérapie, thérapie systémique). Il ne s’agit pas que de yoga mais aussi d’être guidée dans des initiatives introspectives.

Morgane a consacré de nombreuses années à étudier : de la pensée chinoise à la philosophie Yogi, du yoga prénatal au yoga Kids. L’école attire des élèves de différents horizons et de différentes générations. Ce grand éventail d’expériences variées crée des échanges et des partages riches, notamment avec des mamans.

Discussion sur le caractère sacré et initiatique du 4ème trimestre de grossesse.

 « Morgane, quel regard posez-vous sur le 4 ème trimestre de la grossesse ?

J’aime songer à ce 4eme trimestre qui est porteur dans la préparation et fait intégralement parti de la grossesse. Il arrive après la naissance de bébé et intègre une phase de mue identitaire tout en faisant l’objet d’une nouvelle organisation. Sur le plan psychologique, la femme évolue vers la découverte de ses facettes maternelles. C’est une mue : la matrescence, c’est un nouvel ordre qui se met en place. La roue des priorités va changer et d’autres valeurs s’affirmer. C’est agréable de visualiser ce passage pour fluidifier l’intégration de ce monde intime en mouvement. C’est un passage riche, avec beaucoup d’informations à traiter, à un moment où on a moins de temps pour soi et un sommeil restreint.

Souvent la famille souhaite offrir des cadeaux au bébé qui arrive, et qui n’en a pas nécessairement besoin. Par contre, demander comme forme de soutien une aide-ménagère 2 à 3 fois par semaine lors des 40 premiers jours, serait une aide précieuse à la famille, très occupée à poser les nouvelles fondations.

La symbiose maman-bébé demeure encore. La femme est au rendez-vous d’une nouvelle étape de transformation physique et hormonale. Elle s’approprie un nouveau paradigme, tout en jonglant avec de nouvelles polarités : récupération & pleine attention, création & routine, chamboulement & harmonie. Le 4ème trimestre est fascinant sur le plan de l’éveil. L’arbre généalogique bouge et chaque personne de la famille renaît à une nouvelle position. J’invite les futures mamans à être raisonnables et à abandonner les légendes de famille. C’est un temps où la femme exprime de nouvelles facettes de son être. Sa qualité d’écoute va grandir ainsi que sa fidélité envers elle-même. Accepter de s’écouter, en accueillant les phases de vulnérabilité avec lâcher prise font partie de ce rendez vous.

Morgane, vous n’êtes pas encore maman mais vous nous avez confié vous y préparer avec votre compagnon. Comment vous prépareriez-vous au dernier trimestre de grossesse ?

Je me préparerai à rencontrer des facettes de ma personnalité que je ne connais pas encore et à vivre des moments de vulnérabilité et d’impuissance comme il en existe à chaque nouveau commencement.

J’ai observée beaucoup d’amies traverser des phases de solitude liées à un manque de soutien et d’information concernant cette période. C’est pourquoi j’imagine apporter un soin particulier à préparer cette étape avec amour.

Dans de nombreuses cultures, les 40 premiers jours sont un temps d’intériorisation nécessaire pour la famille. La mère se repose, à l’écart du monde avec son bébé, sans rien faire d’autre que lui être pleinement disponible. La mère, est-elle même « maternée », soutenue et libérée de tout stress inutile et des préoccupations ménagères. C’est ainsi que j’imagine m’abandonner aux délices de ces moments et en savourer chaque instant.

Je crois à ce vieil adage qui dit « il faut tout un village pour élever un enfant ». Je me visualise organiser un cercle de femmes afin de recréer ce village, nous nous donnerions chacune quelques heures de notre temps pendant la semaine pour nous : faire des courses, la cuisine, s’occuper de la maison, glisser un plat dans le congélo, encourager, écouter, aller chercher les plus grands à l’école si besoin.

J’ai l’intuition vive que ces premières semaines sont déterminantes pour la récupération de maman et bébé. Prendre le temps d’intégrer ses énormes changements est pour moi l’une des solutions pour prévenir la dépression post-partum, en plus de compléments alimentaires pour anticiper la mue hormonale.

 Comment renouer avec sa libido après l’accouchement ?

Je songe à l’accouchement comme à une étape initiatique. Chaque femme s’ouvrira au mystère de cette alchimie d’une façon qui lui est propre. Les centres énergétiques du corps seront ouverts et traversés. Intégrer cette décompensation ne se fera pas en un jour.

Le retour à la libido passera au début par d’autres voix que la sexualité. A commencer par trouver un nouveau rythme en soi et créer de nouveaux repères avec son partenaire. J’inviterai les personnes à nourrir le lien de diverses formes : complicité, soutien inconditionnel, présence sacrée. Les jeunes parents pourront retrouver la puissance alchimique de ces échanges, et jouir de son pouvoir d’intégration émotionnel en temps voulu. Il est vrai que la sexualité est le plus grand antidépresseur de l’humanité.

Les enseignements que j’ai reçus corroborent les conseils des mamans que j’ai croisé sur mon chemin. Ils invitent la femme à beaucoup dormir pendant la grossesse, rechercher une alimentation saine et adaptée aux besoins de la jeune maman, et des soins si possibles, pour soutenir le processus de restructuration.

Les soins peuvent être aussi simples que 30 minutes dans un bain chaud, un bain de forêt, de mer, de musique, tant que la jeune maman porte son attention sur elle-même. Ce peut être un soin énergétique ou un massage par un proche. Le fait de se régénérer en conscience, de se sentir entourée et comprise, permettront à la femme de faire face à cette décompensation.

Pour ma part, je serai attentive à la nutrition et aux fameux 40 premiers jours. Je vais m’inspirer de recettes spécifiques post-partum pour soutenir les premières semaines. Je crois à la nutrition intuitive, j’invite toutes les femmes à se faire confiance et se laisser appeler par ses envies tout en privilégiant les plats chauds et nourrissants.

 Comment apprendre à vivre 3 ?

Les jeunes parents traverseront de nombreuses phases d’ajustements. Elles sont nécessaires et constructrices du nouvel ordre. Bébé est au centre de l’attention. Les parents font sa connaissance, découvrent son rythme, ses besoins, et l’accompagne dans son évolution vers l’autonomie.

Ce temps est important car il donne à l’enfant les fondations de son sentiment de sécurité intérieure et le sens de la confiance. De même, les parents développent tranquillement une nouvelle confiance en eux.  C’est précieux de savourer le plaisir de ces découvertes.

Ce sera un cheminement de distribuer l’attention à son bébé, à son couple, et à soi-même dans cette période où le sommeil est déficitaire. Ce nouvel équilibre se met en place de façon mystérieuse et itérative. J’inviterais à faire confiance au processus.

Le mieux est l’ennemi du bien. Il faudra accepter que ce ne sera pas parfait et honorer la bonne volonté de chacun. C’est une invitation à mettre de la distance avec le perfectionnisme, le contrôle et la culpabilité qui en découle. J’inciterais à cultiver la confiance et l’encouragement mutuel de multiples façons : humilité, patience, esprit d’équipe, humour.

Les cercles de jeunes mamans et parents se multiplient. Ce sont de formidables opportunités de partager des expériences et des astuces. Personne ne fait l’économie de ces étapes et les accueillir positivement sera le meilleur anti-stress. La complicité entre le papa et la maman est clé. Elle permet au bébé d’intégrer de manière naturelle l’équilibre du couple déjà existant. Plus le lien est fort entre les parents, et plus l’énergie d’amour circule dans le foyer, ce qui est très sécurisant pour l’enfant.

Passés quelques mois, il sera précieux que les parents puissent passer des moments ensemble sans bébé. A n’en point douter, l’influence des grands-parents ou des proches est importante pour toute la famille et permet à l’enfant d’ouvrir son esprit et ses sens.

Pour les hommes, ça se passe comment ?

Dans ma perception, chez la maman, il existe une maman et un papa et c’est la même chose pour l’homme. Cette pluralité énergétique est une richesse. Il est intéressant de laisser des temps au papa où il peut être maternel et des temps où la maman peut être paternelle, en explorant des étapes que sont la nutrition, donner le bain ou le temps du coucher.

Ce nouveau chapitre peut s’envisager comme des poupées russes : le bébé est au centre, entouré des soins de sa mère, elle-même est entourée par son mari. C’est important de préserver son intimité les premiers temps afin d’apprivoiser la découverte des nouveaux rituels qui se met en place pour découvrir l’enfant.

Il ne faut pas hésiter à poser des limites douces avec le monde extérieur malgré l’enthousiasme que peut susciter l’arrivée d’un enfant. Ainsi, le papa pourra par exemple accueillir les proches à la maison tout en donnant à la maman la latitude de venir ou non, faire coucou accompagnée du bébé.

Le papa peut se préparer de différentes manières à ce nouveau cycle : à travers des cercles familiaux, en prenant un temps avec son père pour lui demander des tips ou avec des copains. D’une manière mystérieuse et unique, cette transmission se fait pour l’homme.

Comment imaginez-vous votre retour à la maison avec bébé ?

Le minimaliste m’inspire, tout comme la simplicité volontaire. J’envisage le retour dans la chaleur et la simplicité.  Accueillir un enfant demande des ressources, une abondance qui se manifeste souvent naturellement. Pour autant, les ressources matérielles sont-elles celles dont on a le plus besoin ?

Je trouve certaines personnes très inspirantes, comme ma belle-sœur. Elle a reconstitué un environnement ludique et créatif en achetant tous ses jouets sur « le bon coin », au prix d’un ou deux euros. Elle renouvelle souvent la gamme de ces jouets, ce qui constitue un éveil génial pour sa fille. Je songe à adapter la même stratégie qu’elle le moment venue.

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Mots : Florence Loup