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Ce que l’on ne vous a jamais dit sur le couple après l’arrivée d’un bébé

ce qu on ne vous a jamais dit sur le couple apres bebe

Petite tornade émotionnelle, véritable tourbillon domestique, la naissance d’un enfant implique de nombreux bouleversements pratiques et psychologiques. Si c’est souvent l’accomplissement d’un projet de vie à deux, c’est surtout l’arrivée d’une troisième personne dans l’équation et le point de départ d’un nouveau chapitre dans une vie et une relation. Entre la fatigue, la pression, parfois la dépression, comment les amoureux devenus parents ont-ils apprivoisé cette nouvelle donne et parviennent-ils à en surmonter les incommodités ? Témoignages.

“La fatigue est devenue obsédante et les tensions quasi-permanentes”

Marie, 36 ans, un enfant.

« Deux ans après la naissance de mon fils, mon mari et moi avons frôlé la rupture. On s’agaçait et on s’agressait mutuellement pour tout et n’importe quoi. Il arrivait qu’on ne s’adresse pas la parole pendant deux jours tant nous étions tendus. Pourtant, on le savait : on s’aimait très fort… Mais je crois que nous étions tous les deux à bout de nerfs, épuisés (notre fils se réveillait beaucoup la nuit à cette période).

Un soir, nous avons finalement réussi à nous parler, autour d’une bouteille de vin, et chacun a vidé son sac. Au départ, quelques reproches ont fusé (« tu ne m’aides pas assez dans la maison », « tu me fais sans cesse des reproches », etc). Et puis on a fini par réaliser que le problème venait du fait que nous n’avions pas digéré que notre vie de jeunes amoureux était derrière nous. Nous devions accepter que nous n’étions plus seuls au monde, que nous étions moins libres et que la fatigue ferait partie de notre vie désormais. Il fallait désormais gérer le quotidien avec elle et se montrer moins exigeants l’un envers l’autre (et avec nous-même !). Nous avons décidé de prendre un nouveau départ.

J’ai appris à cesser de ruminer et de faire des suppositions (merci les Accords Toltèques !). Lui a compris que l’exaspération que j’exprimais souvent n’était pas forcément synonyme de désamour mais que j’étais parfois épuisée et que j’avais besoin d’aide pour gérer la vie domestique. Bien sûr, on se dispute encore parfois, mais on parvient aujourd’hui bien mieux à écouter la frustration de l’autre. Et, surtout, on relativise nos contrariétés en s’émerveillant de ce qu’on a fait de mieux : notre fils. »

“Notre vie sexuelle n’est plus ce qu’elle était… et ne le redeviendra jamais !”

Sophie,  32 ans, deux enfants.

« A la naissance de ma fille aînée, je n’avais plus aucun désir. Dans un premier temps, j’ai fait un blocage à cause d’une épisiotomie et du fait que mon corps avait beaucoup changé. Puis, le manque d’entrain a duré, j’ai accusé la fatigue et, aussi, je l’avoue, mon compagnon qui ne faisait guère d’efforts pour m’aider à raviver la fameuse flamme.

Mon déclic est venu de la lecture d’un livre sur la Communication Non Violente… J’ai décidé de faire part de mes inquiétudes à mon conjoint, au lieu de l’accuser secrètement. Et j’ai, je pense, employé les bons mots pour lui faire comprendre mon mal-être.

Notre vie sexuelle a repris petit à petit, en exploitant notamment les siestes du week-end au maximum et grâce à des rendez-vous romantiques que nous avons décidé de nous fixer régulièrement. Aujourd’hui, je me sens sexuellement bien plus libérée, mon mari semble lui aussi plus à l’aise. Tout cela, je pense, grâce au dialogue. Notre deuxième enfant a six mois et je pense pouvoir dire que nous avons une vie sexuelle bien plus épanouie qu’avant l’arrivée de notre premier bébé. »

“J’ai sombré dans la dépression post-partum…”

Vincent, 39 ans, un enfant.

« J’avais entendu parlé de la dépression post-partum mais je pensais que c’était réservé aux mamans. Jusqu’à ce que je l’expérimente ! Même si j’étais fondamentalement heureux, la naissance de ma fille a remué tant de choses en moi que j’ai sombré dans une déprime très profonde pendant plusieurs semaines : je dormais mal, j’étais devenu anxieux à tous les sujets (et donc très irritable) et je me ruais sur la nourriture pour compenser. Je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait et je commençais à culpabiliser car mon état a rapidement créé des tensions au sein de mon couple. C’est ma compagne qui m’a un jour convaincu d’en parler à notre médecin traitant.

Le simple fait de mettre des mots sur mon mal-être et de m’entendre dire que ce qui m’arrivait était finalement assez courant m’a aidé. J’ai repris pied petit à petit. Je pense que cette expérience m’a rendu plus sensible et plus empathique à l’égard de mon entourage et notamment de ma compagne. Cette naissance a été véritable tournant dans ma vie d’homme à tous points de vue. »

“Je ne voyais plus que ses défauts. J’essaie maintenant de me concentrer sur ses qualités…”

Anaïs, 35 ans, 3 enfants 

« Je le savais depuis notre rencontre, mon mari est du genre bordélique. Je m’en accommodais et j’avais pris l’habitude de faire beaucoup de choses à sa place. Lorsque nous n’étions que tous les deux, je ne voyais pas de problème particulier à ce qu’il décide de sortir avec ses amis après le boulot en me prévenant à la dernière minute.

Mais ma vision des choses a changé à la naissance de notre fille. Car lui n’a guère modifié ses habitudes. J’ai pris un congé parental et pendant 6 mois, j’ai eu le sentiment qu’il me prenait pour la femme à tout faire de la maison et qu’il ne faisait plus le moindre effort. Je ne voyais plus que ses défauts, le trouvais égoïste et lui commençait à me voir comme une harpie. Le parfait cliché du couple auquel je ne voulais pas ressembler. J’ai râlé, j’ai crié, j’ai (beaucoup) pleuré… Et puis un jour, j’ai fini par en rire. C’était ça ou la rupture.

Finalement, c’est à ce moment-là que les choses ont commencé à rentrer dans l’ordre. Nous avons petit à petit trouvé un terrain d’entente et je m’efforce de relativiser ses travers pour me concentrer sur ses qualités. Mais je suis encore souvent frustrée et effarée par certaines de ses attitudes. Ce qui me rassure, c’est que mes amies font le même constat… Alors quand je sens que je vais déborder, je les appelle ou je leur écris et on vide notre sac ensemble. C’est très efficace ! »

“L’éducation des enfants est vite devenue un point sensible…”

Charlotte, 34 ans, un enfant.

« Avant la naissance de notre fils, nous étions en phase sur les valeurs que nous voulions lui transmettre et avions parlé des grandes lignes de l’éducation que nous voulions lui donner. Nous avions une vision très optimiste des choses et pensions qu’il suffirait d’être des parents bienveillants et de communiquer pour que les choses soient fluides.

Mais très vite, je me suis aperçue que mon instinct de lionne prenait le dessus. J’avais un besoin viscéral de tout contrôler et j’ai laissé peu de place à mon conjoint dans les premiers mois. J’avais tendance à intervenir dès qu’il prenait les choses en main car j’avais le sentiment qu’il faisait toujours au plus simple pour lui et pas au mieux pour notre petit. On s’est beaucoup disputé à ce sujet.

Aujourd’hui, notre fils a trois ans et nous ne sommes pas toujours d’accord sur les bonnes réponses à apporter, sur les attitudes à avoir face à lui. Je dois encore prendre sur moi très souvent pour lui permettre de jouer son rôle de père, pour éviter de le contredire… Et il s’efforce aussi de respecter mes choix même si lui aurait fait différemment. Concrètement, nous tâchons de vivre au jour le jour, sans trop nous poser de questions. On sait qu’elles seront de toute façon encore très nombreuses dans les années à venir… »

“Nos moments de complicité autour de notre fille ont renforcé notre couple.”

Constance, 38 ans, un enfant

« Bien sûr, il y a la fatigue, les doutes et les engueulades. Ce n’est pas rose tous les jours et, parfois, mon compagnon et moi-même avons besoin d’air… Mais au final, je pense que la naissance de notre fille a vraiment renforcé nos liens. Notre complicité est bien plus forte que dans les premières années de notre relation.

Nous sommes un peu “gaga”, c’est certain, mais pas un jour ne passe, depuis plus de 6 ans, sans que nous nous regardions, attendris, émus ou stupéfaits par les gestes, les mots ou la bouille de notre petite. Nous nous sentons envahis par un immense sentiment de fierté, par une grande bouffée de bonheur et on adore se le dire. Mon conjoint n’est pas du genre démonstratif ou romantique et ça a toujours été une petite frustration pour moi. Alors chacun de ces petits moments de partage résonnent pour moi comme une déclaration d’amour. Et puis le voir si tendre, si patient avec notre fille le rend encore plus désirable à mes yeux.

Je ne sais pas de quoi est fait l’avenir, mais l’idée d’avoir créé cette vie, cette famille, avec lui m’aide beaucoup à surmonter les moments d’agacement. »

“Je nous sens investis d’une mission : responsables du bonheur de nos enfants et de notre partenaire.”

Marie-Laure, 41 ans, trois enfants

Même si nous avons beaucoup de chance, la vie domestique est parfois usante, la vie professionnelle stressante… Mais lorsque l’un est sur le point de craquer, l’autre est toujours là pour le soutenir. Quand que je doute de mes capacités à aider nos enfants à s’épanouir, mon mari sait toujours trouver les mots. Il arrive à me convaincre que je suis une super maman et que j’assure sur tous les fronts. C’est un vrai soutien moral. Et même si lui exprime moins ses doutes et qu’il me semble plus solide psychologiquement, je veille toujours à l’épauler, à lui faciliter la vie.

Personnellement, j’ai le sentiment d’être autant responsable du bien-être de mon partenaire que de celui de mes enfants. Je ne m’attendais pas forcément à cela avant que l’on devienne parent, mais je sens que nous formons une véritable équipe. »


Photographie : Olivia Thébaut pour Mamababy Paris
Mots : Emilie Cuisinier pour Mamababy Paris

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