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Le baby blues, parlons-en

Briser le silence baby blues maternite

Après une naissance, il est naturel de ressentir un passage à vide. Entre la chute hormonale, l’épuisement et l’inconnu, l’arrivée d’un enfant nous bouleverse. Carole Bellemin-Noël*, psychologue clinicienne, nous apporte son éclairage et ses conseils pour surmonter ce fameux baby blues.

Après la naissance d’un enfant, c’est un tout autre monde qui s’ouvre à nous. Nous sommes devenues mère, et avec tout le bonheur que cela procure, quelques inquiétudes peuvent surgir. Une tristesse et un sentiment de vulnérabilité peuvent également s’instaurer sans que l’on comprenne bien ce qui nous arrive : c’est le baby blues.

Qu’est-ce qui déclenche le baby blues ?

Sur le plan physiologique, après l’accouchement, d’importants bouleversements hormonaux se produisent. Le taux de progestérone, qui avait progressivement augmenté tout au long de la grossesse, chute en l’espace de quelques heures après l’expulsion du placenta. À l’inverse, les hormones favorisant l’allaitement (l’ocytocine et la prolactine) sont produites en grande quantité par l’organisme. L’horloge interne de la mère et ses émotions se trouvent ainsi fortement perturbées.

Que se passe-t-il sur le plan psychologique ?

Donner naissance à un enfant provoque des bouleversements psychiques importants et normaux. Toute l’histoire personnelle de la mère est réactivée à l’occasion de la naissance, ce qui peut être inquiétant. Par ailleurs, certaines femmes ressentent des sentiments de vide et de perte après la fusion bienheureuse mère-enfant de la grossesse. La naissance est alors vécue comme une séparation qui vient inaugurer la fin de cet état, et une autre relation au bébé.

Que ressentent les jeunes mères pendant cette période?

Elles peuvent ressentir une inquiétude d’être physiquement séparée de leur bébé, une angoisse de ne pas être capable d’en prendre soin, de ne pas être une bonne mère. Certaines peuvent aussi craindre de ne pas savoir aimer ce bébé autant qu’il le faudrait ou autant que ses aînés.

Toutes les nouvelles mamans sont-elles touchées par le baby blues ?

Certaines femmes affirment ne jamais avoir connu cet état. En réalité, celui-ci peut se manifester de façon différente, comme par de l’irritabilité ou un gel des émotions, ou bien encore de manière très subjective, et donc passer inaperçu.

Comment réagir face à cet état ?

Il faut garder en tête qu’il est passager. Le reconnaître, le nommer et l’accepter est plus bénéfique que de chercher à le refouler ou le cacher, car ce sont des sentiments légitimes qui méritent d’être entendus et reconnus.

Que conseillez-vous si le baby blues s’installe trop longtemps ?

Il faut l’exprimer au papa et/ou à l’entourage, qui auront une fonction importante de soutien sur lequel la jeune mère pourra s’appuyer. En revanche, si cet état persiste ou si la mère ressent des difficultés à instaurer la relation avec son bébé, si elle se sent seule et fragilisée, mieux vaut en parler à un professionnel, car une oreille bienveillante et attentive peut l’aider à passer ce cap.


* Carole Bellemin-Noël est  psychologue, psychothérapeute, psychanalyste à Montrouge, enseignante chargée de cours à l’université Paris Descartes et co-auteure de “Le grand livre de mon enfant” aux Éditions Eyrolles


Photographie : Olivia Thébaut pour Mamababy Paris
Mots : Tiphaine Lévy-Frébault pour Mamababy Paris

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